DASRI : Les "déchets mous" doivent bien être éliminés... Avec bon sens !
[DASRI ou DASRIA = Déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés]
Plusieurs témoignages mettent parfois en question la réglementation applicable aux DASRI produits par les activités de tatouage : Des informations erronées peuvent ainsi circuler concernant la collecte des "déchets mous" (non piquants ou coupants), allant jusqu'à propager une rumeur remettant en cause l'élimination de ces déchets.
S'il est légitime pour chaque professionnel d'être attentif à la nature et à la quantité des DASRI produits, c'est-à-dire de veiller à ne pas surcharger les emballages avec des déchets non souillés, il est tout aussi essentiel d'éliminer consciencieusement les déchets contaminés par la filière DASRI.
LA RÈGLEMENTATION FRANÇAISE RAPPELÉE (ET INCHANGÉE) EN 2025
Le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) a émis, le 1er juin 2023, de Nouvelles recommandations sur le tri des DASRIA en vue de la révision du Guide ministériel publié en 2009.
Ses recommandations ont été suivies, en juillet 2025, par la publication d'une version révisée du Guide sur l'élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI), éditée par le Ministère de la Santé.
Ce guide vise à mieux comprendre comment appliquer la règlementation applicable à ces déchets : La règlementation, quant à elle, reste inchangée !
RAPPEL
Selon les termes du Guide ministériel, dans le contexte des pratiques de tatouage, un DASRIA correspond toujours à :
des déchets perforants* (aiguilles usagées, etc…)
et des déchets « mous »** ou « solides »
(gants, compresses, serviettes en papier souillées etc…).
Si ces déchets présentent un risque biologique pour les personnes amenées à les manipuler, ils constituent de ce fait des déchets assimilés aux déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRIA).
Contrairement aux professionnels de santé, il ne leur est pas possible de procéder à une évaluation du caractère infectieux des déchets produits : les déchets qu’ils produisent doivent être orientés systématiquement vers la filière de gestion des DASRI.
Cependant, les emballages stériles, les protections à usage unique non souillées, les élastiques ou les gaines plastiques de protection des appareils de tatouage pourront être orientés vers la filière de gestion des DAE.
DAE = "déchets d'activité économique"
= déchet produit par un professionnel ou une entreprise
(contrairement aux déchets "ménagers" produits par un particulier ou un foyer dans sa vie quotidienne)
* Matériels et matériaux piquants ou coupants, qu’ils aient été ou non en contact avec un produit biologique, susceptibles d’occasionner un risque de rupture de la barrière cutanée et un possible risque infectieux.
** Catégorie de déchets d'activités de soins définie par opposition aux déchets piquants ou coupants. Il s’agit des textiles, des papiers, des cartons, des plastiques, etc....
Les tatoueurs produisent ainsi 2 types de DASRI :
- des déchets "perforants" (matériels coupants ou piquants) = aiguilles usagées (une fois = 1 client/1 séance), cartouches d'aiguilles à usage unique, lames ou rasoirs jetables... ⚠️ SYSTÉMATIQUEMENT ÉLIMINÉS EN DASRIA, même s'ils n'ont pas été en contact avec du sang ou autre sécrétion biologique);
- des déchets "mous" ou "solides" = gants, compresses et serviettes en papier contaminés, caps usagées, tubes et buses si elles sont à usage unique. Par extension, s'ils sont visiblement souillés/imprégnés : Matériels de protection utilisés (masque ou tablier à usage unique), champs de travail, gaines de protection des câbles d'alimentation, abaisse-langue, eaux de rinçage.
En résumé :
- Tous les déchets à risque infectieux (= souillés ou contaminés) issus des activités de tatouage par effraction cutanée sont assimilés à des DASRI (= déchets d'activité de soins) et doivent être éliminés par la filière spécialisée.
- Les matériels coupants ou piquants doivent être systématiquement collectés dans des boîtes ou minicollecteurs (1), ou à défaut (par exemple et notamment sur certaines conventions de tatouage) dans des fûts ou jerricans en plastique (2), quel que soit leur état.
- Les déchets contaminés "mous" ou "solides" doivent être collectés dans des caisses en carton avec sac en plastique (aussi nommées "emballages combinés") (3).
- Tout élément non visiblement souillé (emballages, protections à usage unique non souillées, élastiques, gaines plastique, etc.) doit être soit jeté en poubelle quotidienne (= DAE = "déchets d'activités économiques"), soit trié en recyclage approprié (selon le matériau).
2 arrêtés précisent les modalités d'entreposage et de prise en charge des DASRI en vue leur élimination :
- Arrêté du 7 septembre 1999 relatif aux modalités d'entreposage des déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés et des pièces anatomiques
- Arrêté du 7 septembre 1999 relatif au contrôle des filières d'élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés et des pièces anatomiques
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Ces modalités sont également rappelées et détaillées sur notre site (Espace Membres).
Chacun doit contribuer à éviter que de fausses rumeurs ne se propagent :
La réglementation DASRI reste inchangée, les recommandations de bon sens incitent évidemment à améliorer autant que possible le tri sélectif afin d'optimiser la quantité de DASRI produite.
Il s'agit par exemple de jeter en poubelle quotidienne les protections du mobilier en cours de tatouage, dès lors qu'elles ne sont pas visiblement imprégnées de sang.
Les autres déchets directement impliqués dans l'acte de tatouage lui-même (cités plus haut), doivent être considérés comme des DASRI.
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(1) conformes à l'article 6 de l'arrêté du 24 novembre 2003
(2) conformes à l'article 5 de l'arrêté du 24 novembre 2003
(3) conformes à l'article 4 de l'arrêté du 24 novembre 2003
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Lien vers cette page : https://snat.assoconnect.com/articles/47359-dasri-les-dechets-mous-doivent-toujours-etre-elimines
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